Fruimalin, une initiative citoyenne et solidaire

 L’association FruiMalin propose de repenser notre relation aux aliments produits localement. En organisant des actions de ramassage des fruits non récoltés par leurs propriétaires, donc abandonnés sur le sol, FruiMalin interpelle sur le gaspillage alimentaire ordinaire tout en créant de la valeur ajoutée au profit d’œuvres caricatives. 

C’est grâce à la plateforme web On passe à l’acte que le projet FruiMalin a retenu notre attention. L’association On passe à l’acte s’est fixé comme objectif de mettre en avant les initiatives citoyennes qui font bouger le monde. Dans un article précédent, nous nous étions déjà penchés sur leur travail. Résolument positif, leur réseau partage comme objectif de répertorier les projets à caractère positif et de présenter ceux qui en sont à l’origine. Par ailleurs, la plateforme web propose depuis deux ans de mettre en relation les porteurs de projets entre eux afin de faciliter leurs actions.

Nous nous intéresserons aujourd’hui à l’une des initiatives répertoriées, celle de Thierry Deiller, fondateur en 2007 de FruiMalin. L’homme a, en effet, observé qu’une quantité astronomique de fruits n’étaient pas ramassés soit pour des raisons techniques et par manque de main d’œuvre, soit parce que les propriétaires des arbres n’ont tout simplement pas le temps. Après avoir constaté les quantités importantes de fruits gâchées chaque année faute de moyens humains pour les récolter, l’association s’est organisée pour procéder à la cueillette de ces fruits oubliés afin de les revendre et/ou les redistribuer.

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Récolter les fruits laissés à l’abandon

L’idée de Thierry Deiller n’est pas nouvelle. En effet, le glanage – activité qui consiste à ramasser après la moisson et de récupérer ce que les paysans ont laissé dans les champs – existe depuis longtemps dans les villages. Dans certaines parties du monde, cette pratique peut encore aujourd’hui s’avérer essentielle pour ceux qui n’ont pas accès à la terre et dont les revenus ne sont pas suffisants pour couvrir leurs besoins essentiels. Cependant Thierry Deiller donne au glanage une dimension particulière en insistant à la fois sur le partage et le développement d’une économie locale. FruiMalin devient ainsi un appel évident à une plus grande sobriété et à plus de mesure.

Accompagné de bénévoles, Thierry Deiller va là où les fruits ne sont pas récoltés. Les lieux publics sont souvent une bonne adresse. FruiMalin se rend également chez les propriétaires qui n’ont pas le temps ou la capacité de récolter : l’association possède une longue liste de ceux qui ont donné leur accord à ce ramassage. Une fois récupérés, les fruits sont soit directement distribués, soit transformés en confitures et en jus dans les locaux de l’association. Une partie de la récolte est revendue, afin de financer l’association. L’autre, la moitié environ, est offerte à des actions caritatives. Les participants manifestent leur enthousiasme : cueillir des fruits initialement voués à pourrir peut s’avérer être une activité très satisfaisante, d’autant que leur engagement profite à la communauté.

Une économie parallèle

FruiMalin valorise des ressources locales : depuis 2009, 20 tonnes de fruits ont été récoltées. Un chiffre qui pourrait être bien plus élevé, si plus de personnes participaient : à ce jour l’association est dépassée par les quantités à récolter ! ce qui en dit long sur ce gaspillage de ressources naturelles. Cependant, le conseil d’administration le voit de manière positive puisqu’un emploi a pu être créé et qu’il est envisagé d’étendre le mouvement à d’autres lieux en créant de nouvelles unités de cueillette.

À n’en pas douter, FruiMalin déterre un concept dans l’air du temps qui se singularise par son caractère social : « à travers cette démarche, Thierry souhaite […] inciter les gens du village à porter un regard différent sur les autres et sur leur environnement. Il travaille à créer du lien et un équilibre entre ceux qui en ont trop et ceux qui n’en ont pas assez ». Le fondateur affirme l’importance que revêt à ses yeux le partage autour de valeurs telles que le « consommer local » et le lien créé par son action entre habitants d’une même commune. Il espère « changer le regard des gens sur ce qui les entoure » et susciter plus d’attention à l’égard de l’environnement et des ressources alimentaires. Enfin, il aime montrer qu’une autre économie est possible, parallèle au système purement marchand.

S’il nous faut retenir un principe du projet de Thierry Deiller, c’est bien le suivant : il est possible de créer de la valeur, rien qu’en se promenant dans les champs et en ouvrant l’œil. Qui sait, cette initiative donnera peut être des idées à d’autres ?

Source : Mr Mondialisation : Lien vers l'article et la vidéo

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